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Le chef de l’Etat vient de parler longtemps du fn dans une intervention: un « parti dans la République mais pas de la République… »
Nicolas Sarkozy a déclenché en fin de semaine dernière une explosion médiatique avec son expression « fnps » .
La « France d’en haut », médiatique, s’extasie, les larmes aux yeux, de l’invitation de Madonna qui propose à Mme le Pen de prendre un café avec elle. Et tout le monde en parle, du matin au soir, à la radio, la télévision…
Les livres sur le fn sortent à la pelle: NKM, JF Kahn, Geoffroy Didier, d’innombrables productions de journalistes.
Une multitude de bons esprits, dont M. Valls – qui ne cesse lui non plus d’en parler, où qu’il se trouve – ont annoncé la perspective de son accession au pouvoir.
Les médias donnent à ce parti une audience hors du commun: voir pour les seules chaînes d’information, le tableau ci-dessous. Pourquoi cette hallucinante mobilisation de la « France d’en haut », médiatique, politique (droite et gauche) pour faire grimper le fn en opérant un véritable matraquage en sa faveur, la veille d’une longue phase électorale?
Je pense que nous sommes au coeur de la grande manipulation française.
La « France d’en haut » fait semblant de dédiaboliser le fn, tout en se focalisant sur lui et en lui assurant une fabuleuse promotion .
Mais elle sait au fond, que ce parti, du fait de ce qu’il incarne aux yeux d’une vaste majorité des Français, de son histoire, de ses déclarations passées, son côté « affaire de famille », est dans l’ensemble inacceptable au pays et n’a guère de chance d’accéder au pouvoir.
Cependant, cette formation est devenue un véritable pilier idéologique de la société française. Elle sert à interdire, à diaboliser tous les sujets importants et à les évacuer: l’Europe et sa réforme nécessaire, l’avenir de l’euro, la sécurité des biens et des personnes, la maîtrise de l’immigration et l’intégration, le fléau du chômage des jeunes.
La moindre expression ou pensée qui sort des sentiers battus vous renvoie à l’accusation de « lepénisation ».
Les politiciens vivant dans la phobie d’être assimilés à ce mouvement, se taisent ou versent dans le futile.

La « France d’en haut » adore le fn, fabrique son ascension dans les sondages, mais à des fins d’Omerta, de conservatisme, d’immobilisme, de préservation des rentes de situation, et d’interdiction de tout débat sérieux, plongeant ainsi la politique dans la dictature des anecdotes, polémiques, jeux de mots, postures, petites phrases minables.

  Maxime TandonnetMaxime Tandonnet

    Ancien conseiller à la Présidence de la République, auteur de plusieurs essais, passionné d’histoire…

 

http://observatoiredumensonge.com/2015/03/10/obsession/

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