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Plusieurs milliers de chômeurs se retrouvent avec des indemnités très basses par rapport à leur dernier salaire. La réunion des partenaires sociaux qui était prévue a été reportée.

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Le Medef a annoncé mardi 17 mars le report sine die de la réunion prévue mercredi pour corriger les effets indésirables des droits rechargeables, mesure phare de la convention d’assurance chômage qui lèse des dizaines de milliers de chômeurs.

« On a décalé la réunion parce que nous n’avions pas tous les chiffres et nous n’étions pas tout à fait d’accord sur les solutions à adopter », a déclaré le président du Medef, Pierre Gattaz, lors de sa conférence de presse mensuelle.

« Je crois qu’il faut se donner quelques jours de plus pour être sûrs de nos chiffres », a-t-il ajouté.

« A ce stade, il n’y a pas de nouvelle date », a indiqué à l’AFP la négociatrice de la CFDT Véronique Descacq. « C’est le Medef qui a reporté » la réunion, a-t-elle précisé.

L’accord sur l’assurance-chômage signé en grande pompe en 2014 provoque la colère de milliers d’inscrits à Pôle Emploi. Les nouveaux droits rechargeables sont pointés du doigt.

A l’origine, ils permettent aux chômeurs de cumuler les droits à allocation obtenus grâce à leur dernier emploi avec les droits acquis lors de précédents jobs. Auparavant, les droits liés aux anciens emplois étaient perdus en partie ou dans leur intégralité. Sur le papier, la mesure paraît donc plus favorable aux personnes indemnisées. Et pourtant, dans certains cas, elle peut gravement pénaliser les chômeurs qui touchent beaucoup moins que ce que laisse espérer leur dernière fiche de paie. En effet, Pôle Emploi remonte au moins 3 ans en arrière pour trouver le reliquat et il commence à verser les allocations par ordre d’ancienneté des droits acquis.

Prenons le cas d’un étudiant qui a vécu de petits boulots avant  de trouver un premier travail stable. Il vient de se faire licencier et va d’abord percevoir des allocations calculées en fonction de ses anciens petits jobs. De même, une femme qui a travaillé à temps partiel avant de trouver un emploi à temps plein et qui vient de se faire renvoyer sera pénalisée. Les conséquences sont parfois dramatiques financièrement. Les Echos citent ainsi les mésaventures d’une cadre qui gagnait 4.500 euros avant de perdre son travail et qui ne touche que 900 euros d’allocation !

Les cas se multiplient depuis octobre et l’entrée en vigueur de la mesure. En janvier, l’Unédic estimait dans une étude que plus de 30.000 chômeurs, en particulier des jeunes et des femmes, seraient dans cette situation. Ils se retrouvent ainsi en moyenne avec 730 euros d’allocation pendant 15 mois alors que, avant la réforme, ils auraient touché 1.220 euros durant 21 mois.

Un droit d’option pour 100.000 chômeurs

Face à la grogne qui monte, les partenaires sociaux se réunissent en urgence mercredi au siège du Medef à Paris. D’après les informations révélées par Les Echos, les signataires de la convention (Medef, CGPME, UPA, CFDT, FO, CFTC) et la CGC sont favorables à la mise en place d’un « droit d’option ». Lors de sa réinscription à Pôle Emploi, chaque chômeur aurait alors le choix de renoncer ou non à son reliquat d’allocation. Le système existe déjà pour les apprentis mais il ne devrait pas être généralisé car il coûte cher. Ce « droit d’option » devrait donc ne concerner que les demandeurs d’emploi ayant retravaillé au moins quatre mois et se trouvant à toucher une allocation inférieure de 30% à ce qu’ils auraient obtenu avant la réforme. Il sera aussi automatique pour ceux qui disposent d’une indemnité journalière inférieure à 20 euros. Globalement, 100.000 personnes seraient concernées par ce droit d’option.

Les mesures devraient s’appliquer rapidement. Le quotidien économique évoque une entrée en vigueur dès le 1er avril. Ces modifications seront par ailleurs rétroactives. Les chômeurs lésés pourront ainsi récupérer le manque à gagner. Afin de financer ce droit d’option, les partenaires sociaux envisagent de réduire l’aide à la création d’entreprise (ACRE) pour les chômeurs.

« Le problème des droits rechargeables pour les personnes trouvant un nouvel emploi mieux rémunéré n’est pas un bug, mais la volonté des signataires », souligne dans un communiqué la CFE-CGC, qui n’avait pas signé l’accord sur l’assurance-chômage. Le syndicat dénonce aussi les délais de carence, qui peuvent désormais atteindre 6 mois pour les cadres. « Lorsque l’on veut introduire un système beaucoup plus onéreux sans augmenter les recettes, il faut déshabiller les uns pour rhabiller les autres », estime le syndicat.

source: challenges.fr

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