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 Ecrit il y a 80 ans! Incroyable visionnaire que ce Mr Aldous Huxley, né le 26 Juillet 1894 à Godalming UK, décès par injection létale de LSD le 22 Novembre 1963 (à sa demande car gravement malade), le jour de l’assassinat de JFK.

« Aujourd’hui, devait écrire l’auteur près de vingt ans après la parution de son livre, il semble pratiquement possible que cette horreur s’abatte sur nous dans le délai d’un siècle. Du moins, si nous nous abstenons d’ici là de nous faire sauter en miettes…

Nous n’avons le choix qu’entre deux solutions : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés, ayant comme racine la terreur de la bombe atomique, et comme conséquence la destruction de la civilisation (ou, si la guerre est limitée, la perpétuation du militarisme) ; ou bien un seul totalitarisme supranational, suscité par le chaos social résultant du progrès technologique. »

Extrait:

Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente.  Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées.

Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie.

Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, par la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser.

On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.

Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu.

Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir.

Extrait du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley (1932).

CITATIONS/:

La révolution véritablement révolutionnaire se réalisera, non pas dans le monde extérieur, mais dans l’âme et la chair des êtres humains.

L’expérience, ce n’est pas ce qui arrive à quelqu‘un, c’est ce que quelqu‘un fait avec ce qui lui arrive.
Mais je n’en veux pas, du confort. Je veux Dieu, je veux de la poésie, je veux du danger véritable, je veux de la liberté, je veux de la bonté. Je veux du péché.

 

Dès que l’individu ressent, la communauté est sur un sol glissant.

Notre civilisation a choisi les machines, la médecine et le bonheur. C’est pourquoi il faut que je garde ces livres enfermés dans le coffre-fort, ils sont de l’ordure, les gens seraient scandalisés si….. »

Huxley revient dans un petit essai de 130 pages sur les mécanismes du totalitarisme de son livre, et donne son avis sur leurs applications dans le monde réel. Son constat était plutôt pessimiste.

Il prévoit un contrôle des naissances plus strict pour éviter1) la surpopulation et 2) la détérioration de notre condition physique et intellectuelle moyenne : Huxley ne voit pas d’un très bon œil que les porteurs de «vices héréditaires graves» puissent survivre grâce à la médecine et les transmettre à leur descendance, et estime qu’un jour ou l’autre, les gouvernements devront mettre en place des mesures eugénistes.


Mais la plus grande partie du livre porte sur le danger de voir disparaître les démocraties.

Tout d’abord à cause des grandes entreprises et des grosses institutions qui ne peuvent que réduire l’individu à une grossière caricature et à piétiner sa liberté. Et ensuite à cause des moyens de propagande de plus en plus perfectionnés : médias de masse, récupération des résultats de la science (notamment Pavlov).


Le ton est assez sombre, ce qui peut se concevoir puisqu’entre ses deux livres, l’auteur a connu les totalitarismes européens et une guerre mondiale. Les problèmes qu’il soulève n’ont pas beaucoup évolué depuis la publication du livre (1957).

Les quelques solutions que l’auteur a proposé (amélioration de l’éducation, retour à des structures locales ou régionales) ne semblent toutefois pas avoir eu un grand succès

source: http://www.oasisfle.com/ebook_oasisfle/Huxley,%20Aldous%20-%20Le%20Meilleur%20Des%20Mondes.pdf

via: les brindherbes engagés

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