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Jean-Claude Juncker, ancien premier ministre luxembourgeois et président de la commission européenne, est également l‘instigateur d’un système d’optimisation fiscal en vigueur au Luxembourg qui a permis à près de 340 multinationales d’échapper à l’impôt dans les pays où elles exercent leurs activités…

Les élites au pouvoir en France et dans la majeure partie des pays du bloc américano-occidental, se caractérisent par leur servitude volontaire aux impératifs idéologiques et économiques du Nouvel Ordre Mondial. Par Nouvel Ordre Mondial il faut entendre le processus de la mondialisation et la constitution de pouvoirs financiers et économiques transnationaux qui dictent leurs réglementations aux représentations nationales. La libre circulation du capital et des marchandises induit de fait une prise de pouvoir de la sphère économique et financière mondialisée sur la sphère politique nationale. En ce sens, le Nouvel Ordre Mondial qui s’est mis en place dans les années 90 et 2000 suite à l’instauration de zones de libre échange régionales, comme l’UE ou l’ALENA, et de nouvelles règles commerciales internationales dans le cadre de l’OMC, signe effectivement la fin des histoires et des destins nationaux et la soumission des nations et des pouvoirs politiques locaux aux pouvoirs économiques transnationaux.

Comment cette capitulation des élites nationales et leur dépossession du pouvoir politique a t-elle pu s’effectuer, quels mécanismes idéologiques et opérationnels ont-ils été mis en œuvre ?

La soumission des nations par l’oligarchie mondiale

L’oligarchie mondiale désigne ici les structures de pouvoir à portée internationale et susceptibles d’influencer les réglementations et le droit international et en retour les politiques et les réglementations nationales. Typiquement, il s’agit de structures telles que l’OMC, le FMI, la Banque Mondiale, ou encore l’ONU et l’UE.

Il faut distinguer à l’intérieur de cet ensemble les structures s’appuyant sur les représentations démocratiques de celles opérant en dehors de ces mêmes cadres démocratiques. L’ONU, en tant qu’organisation reposant sur la représentation nationale et des processus de prise de décision démocratiques (bien que certaines puissances disposent d’un droit de veto), n’a ainsi été que faiblement impliquée dans les développements successifs du Nouvel Ordre Mondial, ce dernier consistant précisément à dépasser de tels types de structures délibératives, et faute d’hégémonie américano-occidentale au sein du conseil de sécurité comme de l’assemblée des Nations-Unies. L’ONU a cependant été l’agent de l’imposition de certains volets idéologiques attachés à la conception et la définition des droits humains, comme le montrent les fondements de sa charte ainsi que la déclaration universelle des droits de l’homme qui ont vocation à s’imposer aux conceptions et législations nationales et à supprimer les différences culturelles. Les droits de l’homme sont ainsi devenus le justificatif moral des guerres néo-coloniales dites « humanitaires » ou de « libération » du bloc américano-occidental, ce qui n’a été rendu possible que par leur prétention à l’universalité. En ce sens, les droits de l’homme sont un volet opérationnel à part entière du Nouvel Ordre Mondial.

L’Union Européenne est un autre exemple d’institution internationale à mi-chemin entre une organisation dite démocratique, basée sur les représentations nationales, et une techno-structure de lobbying au service des intérêts du pouvoir économique et financier. La porosité entre la commission, le parlement, leur bureaucratie et les grands lobbies privés est l’exemple typique de l’imbrication structurelle de l’oligarchie financière et commerciale et des structures du pouvoir politique même lorsque ces dernières incluent des mécanismes de régulation dits « démocratiques ». D’après Corporate Europe Observatory, entre 15 et 30 000 personnes travailleraient pour les lobbies à Bruxelles. Dés l’origine, l’UE a d’abord été conçue comme un marché commun, et Jacques Delors n’a jamais caché avoir relancé la construction européenne dans les années 80 avec l’aide de la Table Ronde des Industriels, un lobby rassemblant les 45 plus grosses firmes européennes. Le projet des industriels européens sera publié en janvier 1985 dans un document intitulé : «  Europe 1990 : un agenda pour l’action » qui se donnait comme objectifs de faire tomber les barrières commerciales, douanières et fiscales. Il sera repris presque tel quel par Jacques Delors et donnera naissance au traité de Maastricht en 1992. Cette imbrication du lobbying et de la représentation européenne dite démocratique est symbolisée par la plaque commémorative de l’inauguration du parlement européen à Bruxelles, sur laquelle figure le logo de la SEAP : Society of european affairs professionnals, la Fédération européenne du lobbying :

Ces structures, bien que dotées d’une légitimité institutionnelle, ne reposent cependant pas toutes sur des mécanismes de fonctionnement dits « démocratiques » impliquant les représentations nationales ou des mécanismes délibératifs, comme le montrent les exemples du FMI ou de la Banque Mondiale, dont les structures de pouvoir sont fortement inégalitaires et dominées par les intérêts financiers anglo-saxons et dont les politiques économiques sont décidées par des « experts » et des technocrates tout en se plaçant au dessus des débats et des processus démocratiques nationaux. Le FMI a été le principal artisan et promoteur des politiques économiques néo-libérales, particulièrement dans les pays en voie de développement, c’est à dire présentant un modèle économique monétariste axé sur la politique de l’offre et la libre circulation des capitaux et des marchandises ainsi que la dérégulation et la mise en concurrence des secteurs protégés. Concrètement, les politiques du FMI ont abouti dans la très grande majorité des cas au pillage des pays ayant sollicité ses services par les multinationales, et à une aggravation dramatique de la situation économique, plaçant un certain nombre d’états dans une situation de servitude à l’égard de la technocratie du fonds monétaire, comme on a pu l’observer récemment avec le cas de la Grèce ou de l’Ukraine.

L’OMC constitue un cas particulier puisque l’organisation est avant tout un cadre de négociation intergouvernemental. Crée en 1995, son but est de définir les règles du commerce international et de porter les revendications de l’oligarchie mondiale visant à la faciliter la circulation du capital financier et des marchandises. Elle est chargée notamment de faire respecter les accords du GATT (accord général sur les tarifs douaniers et le commerce) et de l’AGCS (accord général de libéralisation des services) et dispose pour ce faire d’un pouvoir de justice visant à régler les litiges entre les différents états signataires. Son mode de fonctionnement démocratique représentatif, un pays égal une voix, à cependant conduit à son abandon pour les développements ultérieurs de la mondialisation négociés dans le cadre de traités bilatéraux ou régionaux, comme l’ALENA ou actuellement le TAFTA.

Ces différentes structures sont toutes portées par une idéologie commune et représentent les intérêts de l’oligarchie mondiale, c’est à dires des pouvoirs financiers et économiques. Leurs buts sont ainsi sensiblement identiques malgré leurs attributions et leurs compétences différentes et visent à une libéralisation des économies nationales dans le cadre d’un vaste marché mondial sacralisant la libre circulation du capital, la concurrence et le commerce international. Les politiques structurelles mises en place dans le cadre des prêts consentis par le FMI ou la Banque Mondiale sont ainsi toujours orientées vers une libéralisation des économies nationales, une privatisation des secteurs publics et une ouverture aux investissements étrangers.

Ces politiques servent dans les faits les intérêts de la finance internationale et des groupes transnationaux qui constituent de facto l’oligarchie mondiale. Le Nouvel Ordre Mondial mis en place par ses différentes structures de gouvernance répond ainsi aux exigences opérationnelles des grands groupes financiers et commerciaux. Aux intérêts nationaux, qui passent par la protection ou la nationalisation de secteurs économiques fragiles ou stratégiques, s’est ainsi substitué les intérêts de l’oligarchie mondiale qui leur a substitué un Nouvel Ordre Mondial réalisant la soumission des intérêts nationaux à ceux du capital mondialisé. Le Nouvel Ordre Mondial s’est donc réalisé contre les peuples et les nations. Il vise leur destruction et la réduction des cultures et des particularismes locaux dans une pop-culture industrielle homogène. Une question se pose cependant : pourquoi les différentes représentations et les élites nationales se sont-elles démis de leur pouvoir politique pour se placer elles et leurs peuples, dans une situation de servitude volontaire ?

Guillaume Borel pour les moutons enragés

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