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La semaine dernière, l’armée israélienne a bombardé, sans avoir subi aucune attaque ou provocation, un convoi militaire dans le territoire de la Syrie, sur les hauteurs du plateau du Golan encore sous le contrôle de l’armée syrienne. Six combattants libanais faisant partie du mouvement de résistance Hezbollah – lequel soutient le gouvernement de Damas – ainsi que plusieurs conseillers militaires iraniens ont été tués. Parmi les victimes se trouve également le fils de l’un des principaux commandants du Hezbollah, lui-même assassiné voilà quelques années par des agents israéliens du Mossad, et un général iranien. Nos ineffables journalistes et nos télévisions ont minimisé l’événement, considérant évidemment comme naturel qu’Israël bombarde en toute impunité un pays souverain qui ne l’a pas attaqué et tue des citoyens de deux autres pays sans avoir essuyé aucune provocation…

Dès le début du conflit qui ensanglante la Syrie depuis trois ans, Israël est intervenu lourdement en bombardant des positions de l’armée nationale syrienne engagées contre les hordes djihadistes qui tentent de déstabiliser le pays, et celles du Hezbollah, l’allié libanais de la Syrie. Les Libanais de toutes tendances savent parfaitement qu’en cas de chute du gouvernement de Bashar al-Assad, le Liban deviendrait automatiquement l’objectif suivant des bandes terroristes financées par l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie, les États-Unis et les autres pays de l’OTAN, et qui ont déjà attaqué à plusieurs reprises le territoire libanais.

Un important rapport de l’ONU établi sur la base de témoignages directs des militaires de l’ONU en charge de surveiller la frontière entre la partie du Golan occupée par Israël après la guerre de 1967 (et jamais restituée à la Syrie, en violation du Droit international et des résolutions de l’ONU) et la partie demeurée sous souveraineté syrienne. Ce rapport, passé totalement inaperçu dans la presse occidentale et sur les grandes chaines télé du Qatar et de l’Arabie Saoudite (Al-Jazeera et Al Arabya), dénonce clairement l’alliance existant entre d’une part les terroristes d’Al-Nosra et d’autres formations djihadistes et d’autres part l’État d’Israël.

Tandis qu’Israël continue à bombarder la Syrie, pas un coup n’a été tiré par les soldats israéliens contre les terroristes d’al-Nosra, qui contrôlent pourtant pas moins de 80 km de frontière dans la zone du Golan entre Syrie et Israël. Le rapport de l’ONU témoigne même des excellents rapports entre les terroristes et l’armée israélienne qui les approvisionne à travers la frontière, et soigne même ses blessés dans des hôpitaux israéliens.

Avant hier, les combattants du Hezbollah ont répondu à la provocation en attaquant une patrouille israélienne dans la zone des « fermes de Chebaa », une région stratégique située au carrefour des frontières entre le Liban, la Syrie et Israël, et toujours illégalement occupée par ce dernier. Les Israéliens ont répondu en bombardant plusieurs villages libanais sans défense et en frappant aussi une position tenue par des soldats espagnols de l’ONU qui surveillaient la frontière, tuant un sous-officier. Le gouvernement espagnol a demandé une enquête approfondie.

Est-ce un accident ? Nos journalistes « embedded » (embarqués) valident cette thèse et se taisent sur les risques effectifs d’un élargissement des conflits au Proche-Orient qui pourrait découler de cette provocation israélienne, confondant pour l’occasion agresseurs et agressés, et dissimulant les responsabilités d’Israël.

Mais nous savons que l’armée israélienne est toujours extrêmement précise dans ses tirs. Quand ils ont voulu frapper une école, un hôpital ou un immeuble d’habitation au Liban ou à Gaza, elle l’a fait à chaque fois avec une grande précision, comme durant les opérations « Plomb durci » ou « Bordure protectrice » à Gaza, ou lors des guerres d’invasion de 1982 ou 2006 au Liban, qui ont couté la vie à des dizaines de milliers de civils.

C’est certainement un hasard, mais voilà quelques semaines, le parlement espagnol avait voté à l’unanimité en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien (encore virtuel). Netanyahou lance-t-il un message mafieux ? Ce ne serait certainement pas la première fois.

En fait, s’adressant aux Libanais, Netanyahou a aussi lancé d’un air menaçant : « Rappelez-vous de Gaza ! ». Autrement dit : « Si vous répondez, nous vous tuerons par milliers sans pitié, comme nous avons fait avec les Palestiniens à Gaza. »

La politique israélienne est désormais tombée au niveau du banditisme terroriste le plus dur. Seuls nos journalistes ne s’en aperçoivent pas. Tout comme ces citoyens juifs français qui, assis aux côtés de Netanyahou après le mystérieux attentat de Charlie Hebdo exécuté par des terroristes masqués impossibles à identifier (qui oublient opportunément une carte d’identité, laquelle permettra de localiser et de tuer rapidement les présumés auteurs de cet attentat), veulent rejoindre la « patrie » israélienne.

Arrêtons-nous là, car l’inévitable et infamante accusation d’antisémitisme » qui empêche toute analyse rationnelle des faits est déjà prête à nous être lancée à la figure.

Vincenzo Brandi

Source  : Sibialiria, le 30 janvier 2015

Traduction  : Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr

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