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J’ai opportunément réalisé ce matin en écoutant France Culture que la bombe financière des emprunts toxiques des collectivités locales françaises a explosé avec la dévaluation de l’euro en franc suisse.

Le relèvement des taux d’intérêt spéculativement indexés sur la parité euro-franc suisse va créer un gouffre financier dans les comptes 2015 des collectivités concernées. La perte nette en trésorerie sur les comptes publics français va se chiffrer à plusieurs milliards d’euro. Pour ne pas se déclarer en cessation de paiement, de très nombreuses collectivités vont devoir suspendre purement et simplement des services publics qui sont au coeur de leur raison d’être.

Et l’Etat central français va peser de tout son poids sur les élus locaux pour les forcer à se taire et à ne pas engager des poursuites contre les banques. Si en effet les collectivités publiques engagent plus avant le contentieux avec les banques, celles-ci vont devoir passer des provisions et comptabiliser des pertes sur 2015… qui pourraient bien dégrader les ratios réglementaires de solvabilité conditionnant l’accès aux liquidités de la BCE. Et qui pourraient bien aussi forcer l’État français à rater de plusieurs dixièmes de pourcentage son objectif de déficit budgétaire qui n’est déjà pas dans les normes des traités européens.

En vertu des règles européennes implicites de bonne conduite entre les États nationaux, toute insuffisance de capitaux propres bancaires doit être prise en charge par les comptes publics du pays où les sièges des banques sont domiciliés. Chaque État doit se débrouiller pour inventer les paravents juridiques ad hoc qui permettent une prise en charge publique des pertes bancaires sans comptabilisation à due concurrence dans les déficits budgétaires.

Au petit jeu de la falsification des comptes publics par les règles comptables, les Allemands ne sont pas les moins doués. Le système fédéral allemand permet en effet de ne pas comptabiliser des engagements politiques non contractuels sous prétexte que les landers sont à égalité de droit et de force constitutionnelle avec l’État fédéral. Le montage de falsification budgétaire que les Grecs ont été obligés de négocier avec Goldman Sachs pour entrer dans la zone euro, est répliqué discrètement et en parfaite légalité constitutionnelle entre l’État fédéral allemand et les landers.

L’Allemagne n’est pas moins touchée que la France par les emprunts toxiques en franc suisse des collectivités publiques. La différence entre la France et l’Allemagne est l’unicité constitutionnelle des comptes publics. L’Etat central français est explicitement et légalement le trésorier de toutes les collectivités publiques. Le niveau de consolidation comptable des budgets publics français est plus fort et plus contraignant qu’en Allemagne. La falsification des comptes publics est donc objectivement et concrètement plus difficile en France qu’en Allemagne.

La France est une démocratie unitaire tandis que l’Allemagne est une fédération de démocraties régionales. La conséquence financière est l’application beaucoup plus aisée et fluide du crétinisme libéral européiste en Allemagne. Quand les banques rackettent les citoyens avec la complicité des politiques par la soi-disant intégration du marché des capitaux en euro, c’est beaucoup moins voyant en Allemagne qu’en France…

source: blog de Paul Jorion

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