Mots-clefs

, , , , , , , , , , , , , , ,

 B7apa2NIAAALG0E

 Chute de la Bourse de Zurich, explosion du franc suisse… L’abandon surprise par la Banque nationale suisse du plancher de 1,20 franc suisse pour un euro a des conséquences sur les marchés financiers. Et pour les transfrontaliers.

C’est un véritable coup de tonnerre qui est venu ce matin de Suisse. La Banque nationale suisse (BNS) a décidé de laisser sa monnaie s’envoler face à l’euro. Elle a aboli le cours plancher de 1,20 franc suisse face à l’euro, l’axe principal de sa politique monétaire depuis plus de trois ans. En septembre 2011, au plus fort de la crise des dettes souveraines en zone euro, la BNS avait en effet imposé un taux de change minimum à 1,20 franc suisse pour 1 euro afin de lutter contre la flambée de sa devise, traditionnelle valeur refuge.

Depuis, la Banque nationale suisse, à coup d’injections massives de liquidités, s’efforce de maintenir sa monnaie au dessus de 1,20 franc suisse pour un euro. Face à la flambée du dollar et à la politique de relance menée par la Banque centrale européenne (BCE), l’exercice a atteint ses limites et il était devenu de plus en plus difficile pour la BNS de maintenir cette politique monétaire ultra généreuse.

Le Figaro fait le point sur ce que provoque cette décision fracassante.

suite de l’article et source: Le Figaro


Franc suisse : des collectivités françaises en faillite ?

emprunt  toxique

C’est un article de La Tribune qui revient sur les emprunts toxiques dont sont bardés nos collectivités

locales qui ont eu la bonne idée de faire des emprunts avec vos impôts indexés sur des monnaies comme le franc suisse, histoire de pouvoir payer moins cher tant que tout se passe bien. Le petit problème c’est qu’en une toute petite journée, ces crédits vont coûter 20 % plus cher à nos collectivités qui iront se plaindre qu’elles ont été flouées… Pourtant, aucun maire n’a souscrit ce genre d’emprunt pour acheter sa maison… Comme quoi, on nous prend vraiment pour des jambons…

Charles SANNAT« Cela ne pouvait pas tomber au plus mauvais moment pour les collectivités locales françaises. La hausse du franc suisse ce jeudi, qui s’est stabilisé au moment de la rédaction de cet article à 1,04 franc suisse l’euro, pourrait avoir des conséquences dramatiques pour celles qui ont souscrit des emprunts – très répandus durant les années 2000 – dont le taux d’intérêt est indexé sur l’évolution de la parité euro/franc suisse.En effet, à chaque fois que le franc suisse s’envole, les collectivités concernées voient le taux d’intérêt annuel qu’elles paient sur leur emprunt croître, voire bondir comme cela risque d’être le cas dans les prochains mois. La faute à une vieille croyance de banquiers d’avant crise de 2008 qui disait que rien ne pourrait atteindre la stabilité de la sacro-sainte parité euro/franc suisse. Ils n’avaient en rien anticipé que les marchés financiers considéraient le franc suisse comme valeur refuge par excellence à chaque période d’incertitude, le faisant s’apprécier.

L’ardoise risque d’être salée pour les collectivités

Ce cas de figure est donc à nouveau en train de se produire et les collectivités risquent, encore une fois, d’en payer les frais. Mais ce coup-ci, l’ardoise risque d’être très (trop ?) salée pour certaines d’entre elles. En effet, dans les pires des cas, c’est-à-dire pour celles qui ont été contraintes de souscrire ces prêts dits « toxiques » entre 2007 et 2009 à l’époque où l’euro était au plus haut par rapport au franc suisse – la devise helvétique est montée à cette époque jusqu’à 1,66 franc suisse l’euro –, les taux d’intérêt des emprunts pourraient s’élever à… un quart du capital restant dû. »

Lire la suite directement sur le site de La Tribune ici

 


 

« Franc suisse, un Cygne noir ? »

cygne noir

Mes chères contrariennes, mes chers contrariens !C’est une véritable bombe en provenance de Suisse qui a explosé aujourd’hui sur les marchés financiers. En effet, la banque centrale helvète a décidé purement et simplement d’arrêter de défendre le seuil de parité jusqu’ici défini à 1,20 franc suisse pour 1 euro. En quelques minutes, le franc suisse s’est envolé de 20 %, la Bourse a chuté de presque 13 % au plus fort de la journée. L’or s’est mis à monter en euro, le dollar s’est apprécié et c’est une journée de folie qui a été vécue par les opérateurs économiques.La violence des mouvements financiers ont eu de quoi surprendre les populations mais en aucun cas les autorités monétaires qui savaient très bien qu’en s’y prenant de cette façon-là, elles allaient provoquer ce qui s’est passé, à savoir un mouvement de panique généralisé et de fortes pertes pour de nombreux agents économiques à commencer par les banques, les fonds de placement, et évidemment l’ensemble de l’industrie suisse tributaire de son taux de change pour sa compétitivité. Alors la question qui se pose ce soir c’est « pourquoi ? ». Pourquoi la banque nationale suisse a-t-elle agi de cette façon-là ? Mais avant d’essayer de comprendre le pourquoi, faisons un rapide tour d’horizon des différentes conséquences déjà visibles.

Quelques conséquences !

1/ Un krach sur la bourse suisse, logique, l’industrie suisse est largement orientée vers l’export, une appréciation de la monnaie de 20 % en une journée renchérie le coût des produits suisses de… 20 % ! Cela pique un peu évidemment et le patronat suisse est tout bonnement en fureur de la décision de la banque centrale. Du coup, moins de ventes, donc moins de bénéfices, donc les cours de Bourse s’ajustent à la baisse.

2/ Comme il est fort probable que la baisse de l’euro se poursuive et donc l’appréciation du franc suisse, les investisseurs sortent des actions suisses et se reportent sur les actions européennes qui, elles, vont bénéficier de la baisse de l’euro donc plus de ventes, donc plus de bénéfices. Du coup, les investisseurs vendent la Suisse et achètent l’Europe, comme c’est le cas à la Bourse de Paris en forte hausse également portée par la baisse de l’euro face au dollar mais aussi par les promesses d’un QE important.

3/ Dans certains pays comme la Croatie et encore plus la Pologne, le jeu à la mode était de contracter des crédits en francs suisses et plus de 700 000 Polonais seraient dans ce cas. Avec une augmentation du coût réel de leur crédit de 20 % en une journée… cela va faire quelques dégâts, et il y a ce soir des milliers de gens ruinés ou en passe de l’être rapidement.

La vraie question : pourquoi ?

Maintenant, revenons à notre véritable question de départ : pourquoi ? Pourquoi maintenant et pourquoi brutalement. En effet, si la BNS (la Banque nationale suisse) défend depuis 2011 le franc suisse pour l’empêcher de trop monter, rien n’empêchait les autorités monétaires suisses de le faire en plusieurs fois, en indiquant par exemple que l’on défendrait non plus la limite des 1,20, mais désormais la limite des 1,15, puis deux semaines plus tard la limite des 1,05… Cela aurait permis de faire les choses un peu plus progressivement et là, la violence de l’annonce de la BNS a véritablement surpris tout le monde. C’est un peu une annonce en mode « panique », or rien ne justifie une sortie de cette politique monétaire de la BNS en mode panique… Sauf quelque chose dont on n’a pas encore conscience mais dont la BNS a parfaitement connaissance…

1/ L’hypothèse du méga QE européen…
Alors que je n’y crois toujours pas et que les obstacles juridiques ne sont toujours pas levés, il est évident que si la BCE annonce un QE de 2 000 milliards d’euros, l’euro va encore chuter face aux autres monnaies et dans ce cas, la défense de la limite des 1,20 par la BNS serait intenable… Dans un tel scénario, la BNS préfère en panique abandonner tout de suite cette défense car la semaine prochaine c’est encore 20 % de hausse du franc suisse qu’il faudra absorber si la BCE injecte de tels montants de nouvelle monnaie. Mais pourquoi le ferait-elle ? Rien en Allemagne ne laisse présager un tel changement de vision économique. Si nos amis Allemands pourraient se laisser convaincre par un mini-QE compris entre 300 et 500 milliards d’euros, je ne vois pas pourquoi après huit années de serrage de boulons ils ouvriraient les vannes de façon illimitée.

Pourtant, à en croire les différents analystes, cette hypothèse est la plus crédible.

2/ L’hypothèse de la faillite de la BNS…
Presque impossible. Certes, c’est bien la Suisse qui a le record de la taille de bilan de sa banque centrale versus son PIB devant le Japon et les USA… Mais la BNS n’est pas en situation de faillite, loin de là, et elle dispose largement du temps de voir venir les choses. Elle aurait donc pu anticiper de tels problèmes et sortir progressivement de sa politique. Cette hypothèse n’est retenue par personne et par moi non plus.

3/ L’hypothèse d’une refonte de la zone euro avec la sortie d’un membre majeur comme l’Allemagne ou la France. Cela pourrait expliquer une telle envolée du franc suisse et une décision presque en urgence de la BNS, le tout sur fond de guerre contre le terrorisme que la France va bien devoir financer et pour ce faire, notre pays devra s’affranchir des règles budgétaires européennes avec ou sans l’accord de nos partenaires… Pourtant, cela ne semble pas d’actualité au moment où j’écris ces lignes et Angela Merkel a déclaré aujourd’hui que « il n’y a pas de sécurité en Allemagne si elle n’est pas garantie en France. Les destins de nos deux nations sont inséparables ». En disant cela, la chancelière allemande accepte de facto que notre pays ne respectera pas ses objectifs de maîtrise de déficits mais à circonstances exceptionnelles, dépenses exceptionnelles, et Merkel préfère voir la France se fatiguer à faire la guerre pour l’Europe que de devoir fatiguer son pays à le faire.

4/ L’hypothèse la plus simple est sans doute la plus crédible… à savoir que dans un monde de changes flottants, imposer une limite de fluctuation est absurde et toujours voué à l’échec à terme. Tout simplement. La Banque nationale suisse anticipe une baisse prolongée de l’euro et une augmentation du dollar sur fond d’inquiétudes aussi bien économiques que sociales pour l’Europe, la zone euro et la France en particulier.

Si l’euro poursuit sa baisse, défendre la parité fixée relève de la gageure. La question qui se pose à la BNS est alors de connaître la meilleure façon de sortir de sa politique. Progressivement ? Cela n’était sans doute pas possible et n’aurait fait gagner au mieux qu’une ou deux semaines au maximum et aurait coûté sans doute très cher pour rien du tout.

Il n’y aura sans doute pas de QE massif de la part de la BCE pour la simple et bonne raison que la baisse de l’euro, principal objectif d’une telle mesure, est déjà acquise dans les faits et que l’argent qui sera injecté ne va créer de croissance ou à la marge, il y aura donc un mini-QE qui décevra les marchés. Dès lors, le franc suisse devrait baisser un peu et l’euro s’apprécier légèrement dans les semaines qui viennent, encore plus si rien n’était annoncé. C’est donc finalement un mouvement très violent auquel nous assistons, mais il ne devrait pas durer très longtemps et les excès devraient s’estomper.

Pour le moment, rien ne laisse donc présager que cette décision de la BNS, aussi surprenante soit-elle, cache un événement de grande ampleur à venir.

Néanmoins, cela démontre parfaitement qu’au bout du compte les banques centrales sont impuissantes face aux forces des marchés et à la puissance des fondamentaux économiques qui finissent toujours par retrouver les positions d’équilibre naturel.

Cela veut dire que l’euro qui n’est pas tenable ne tiendra pas.
Cela veut dire que l’or, dont le cours est coiffé depuis des années, finira par s’envoler comme il doit naturellement le faire.
Cela veut dire que des États surendettés sans croissance finiront par faire faillite, que des épargnants seront ruinés et c’est une évidence.
Cela veut dire que la FED aux USA finira par devoir admettre que les taux ne peuvent pas monter et que l’économie US à la croissance anémique n’est pas en bonne santé.
Cela veut dire que les mensonges économiques finissent toujours par se fracasser plus ou moins douloureusement sur le mur de la réalité et que plus on attend ou que plus le mensonge dure, plus l’impact est violent.
Et tout cela ce n’est pas faute de vous le répéter depuis des années. Tout n’est qu’une question de temps avant que l’économie ne retrouve son équilibre naturel et la tricherie ne dure toujours qu’un temps.

Pour être encore plus clair, si la banque centrale Suisse n’avait pas décidé en 2011 de « geler » le cours de change de l’euro face à sa monnaie il n’y aurait pas eu de krach aujourd’hui en 2015 et pendant ces années le cours de change se serait adapté progressivement. Le krach actuel est donc la conséquence directe de décisions monétaires illusoires prise il y a presque 5 ans… des conséquences à méditer lourdement pour votre gestion patrimoniale.

Il est déjà trop tard, préparez-vous.

Charles SANNAT

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Le Contrarien Matin est un quotidien de décryptage sans concession de l’actualité économique édité par la société AuCOFFRE.com. Article écrit par Charles SANNAT, directeur des études économiques. Merci de visiter notre site. Vous pouvez vous abonner gratuitement http://www.lecontrarien.com.
Publicités