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Première application concrète de la liberté d’expression post #jesuischarlie : l’humoriste Dieudonné inculpé pour « apologie du terrorisme » [#epicfail]

Dimanche dernier dans toute la France se sont déroulées des manifestations en mémoire des victimes des attaques terroristes du 7 janvier et en faveur de la  « liberté d’expression », symbolisée selon le pouvoir médiatico-politique par l’hebdomadaire Charlie Hebdo. Certains ont déploré avec raison la présence de criminels de guerre à ces manifestations ou de représentants de régimes d’apartheid, comme le premier ministre israélien B Netanyahou ou le président Ukrainien Porochenko. Le dessinateur de Charlie Hebdo Willem a également déclaré dans la presse néerlandaise qu’il vomissait « sur ceux qui, subitement, disent être nos amis ». Il cite entre autres le Pape, la reine Elisabeth, ou encore Marine Le Pen.

Le président François Hollande et la classe politique ont élevé dans un bel unanimisme les membres de la rédaction du journal assassinés au rang de « héros » morts pour la «  liberté d’expression ». C’est également au nom de cette dernière que près de 3 millions de français sont descendus dans la rue et que l’ensemble du système médiatique s’est associé à la rédaction du journal satirique en affichant une bannière proclamant « je suis Charlie ».

Pourtant, la première décision prise à la suite des attentats par le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve réuni avec ses homologues européens a été d’annoncer le renforcement des mesures anti-terroristes, chose somme toute logique mais qui ne parviendra cependant peut-être pas à masquer l’inefficacité coupable des services de renseignements français. Selon le journal Le Parisien, les ministres se seraient mis d’accord afin de repenser les accords de Schengen, qui instaurent la libre circulation des personnes entre les pays signataires. Il s’agira de renforcer le contrôle des ressortissants européens aux frontières extérieures, afin notamment de limiter le départ des candidats au djihad, mais aussi d’améliorer les échanges d’information entre les services de police étrangers. Pas sûr là non plus que cela permette d’éviter un nouvel epic fail aux renseignements français. On se souvient en effet de leur embarras suite à l’interpellation manquée de trois djihadistes revenant de Syrie au mois de septembre qui avaient atterri à l’aéroport de Marseille alors que les forces de police les attendaient à Orly… Le ministère de l’intérieur communiqua immédiatement à ce sujet en chargeant les services de renseignement turcs, les djihadistes ayant transité par un vol en provenance de Turquie. Ainsi, selon le communiqué du ministère : «  Les services français ont été informés par leurs homologues turcs de ce changement de vol après l’arrivée sur le sol français des trois ressortissants expulsés ». Tout était donc de la faute des turcs incompétents. Or, selon le quotidien algérien Réflexion, cet epic fail serait dû à un plantage du système informatisé de surveillance CHEOPS qui était précisément tombé en rade à Marseille ce jour là…

La deuxième mesure annoncée par Cazeneuve fut le renforcement de la surveillance, particulièrement au niveau du réseau Internet. Le ministre a ainsi insisté sur la nécessité d’une collaboration plus étroite avec les fournisseurs d’accès, soit la mise en place d’un système PRISM à la française : « Nous avons marqué avec force le besoin d’une plus grande coopération avec les entreprises de l’Internet pour garantir le signalement et le retrait des contenus illicites et notamment les contenus faisant l’apologie du terrorisme ou appelant à la violence ou la haine. »

Sous couvert de lutte contre le terrorisme et dans la garantie « des liberté individuelles », un système de surveillance généralisé va donc prochainement être mis en place, mais rassurez vous, c’est pour votre bien. Et d’ailleurs, vous n’avez rien à cacher, non ?

Ces mesures visant à « garantir notre sécurité » et les manifestions pour la « liberté d’expression » trouvent aujourd’hui leur première application concrète, par une sorte de télescopage contre nature mais prévisible, dans l’inculpation de l’humoriste Dieudonné pour le motif « d’apologie du terrorisme ». Le crime du polémiste ? Avoir posté en rentrant de la manifestation de dimanche sur son statut Facebook la mention « je me sens Charlie Coulibaly ». De très nombreux internautes on immédiatement signalé la page à la plate forme de signalement des contenus illicites PHAROS. Le premier ministre Manuel Valls a emboîté le pas en appelant « à ne pas confondre la liberté d’expression et l’antisémitisme ». Bernard Cazeneuve a également réagit en qualifiant les propos tenus par l’humoriste « d’abjection » et a annoncé le lancement d’une inculpation.

Cet événement montre les limites très étroites et très politiques qu’entendent accorder les services de l’état à la liberté d’expression post #jesuischarlie au nom de laquelle des millions de veaux français sont descendus manifester dans les rues dimanche. L’humoriste a ensuite publié une explication de texte sur sa page Facebook, à destination de Bernard Cazeneuve dans laquelle il dénonce le harcèlement dont il fait l’objet de la part des services de l’état, avec 80 procédures judiciaires ouvertes à son encontre. Il conclut en disant « On me considère comme un Amédy Coulibaly alors que je suis Charlie », ce qui constitue effectivement le fond de son message posté précédemment et ayant suscité l’hallali gouvernemental. Preuve s’il en est que l’humour reste décidément difficilement accessible aux cons. La conclusion est limpide et revient donc à l’humoriste : « […] mes propos ne vous intéressent que lorsque vous pouvez les détourner pour mieux vous indigner ».

C’est effectivement tout le sens de la nouvelle « liberté d’expression » post #jesuischarlie qui semble se mettre en place : une liberté encore plus sélective et soumise à la surveillance renforcée de l’état et de ses relais médiatiques, une liberté d’expression qui sera, au nom de la « lutte contre le terrorisme » et du « vivre ensemble » soumise à la police de la pensée. Non, décidément, #jenesuispascharlie.

Guillaume Borel pour les moutons enragés


 Liberté d’expression, Dieudonné répond à Bernard Cazeneuve

source: Quenel+


 Après Limoges et Nice, la mairie de Strasbourg demande l’interdiction du spectacle de Dieudonné

 

La municipalité strasbourgeoise a demandé ce lundi au préfet d’interdire le spectacle de Dieudonné, attendu samedi au Zenith d’Eckbolsheim et poursuivi pour « apologie du terrorisme » suite à sa déclaration de dimanche soir « […] je me sens Charlie Coulibaly ».

Comme en juin 2012 et comme en avril 2014, date des deux derniers spectacles de Dieudonné dans la capitale alsacienne, la Ville de Strasbourg a demandé ce lundi au préfet l’interdiction du spectacle de l’humoriste prévu samedi 17 janvier, à 20 h, au Zénith-Europe.

« Nous avions déjà demandé oralement au préfet d’interdire. Vu le contexte et les déclarations de Dieudonné ce week-end, nous avons renouvelé notre demande », a indiqué en début de soirée Alain Fontanel [photo ci-dessus], premier adjoint au maire Roland Ries, en charge de la Culture.

Dimanche soir, à la suite d’une journée de manifestations historique, l’humoriste avait déclaré : « Sachez qu’en ce qui me concerne, je me sens Charlie Coulibaly. »

La phrase, depuis effacée de sa page Facebook, a valu à Dieudonné d’être poursuivi pour « apologie du terrorisme ».

« Je me félicite que le parquet ait ouvert une enquête. Cela dit, si le spectacle devait avoir lieu, il faudrait qu’on s’interroge sur une modification de la loi, précise Alain Fontanel. Nous avons affaire à un récidiviste. Sa provocation n’en est que plus insupportable. »

Pas question néanmoins d’appeler à manifester samedi avant le spectacle « Dieudonné en tournée », s’il était maintenu, comme en avril dernier : « Il n’y aura pas de provoc’ de notre côté. Notre réponse, ce sera d’aller au spectacle proposé par la Licra et Pierre Fatus [La Guerre des clowns est déclarée, ndlr] ce jeudi 15 janvier à 20 h à la Cité de la musique et de la danse », a poursuivi le premier adjoint.

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