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C’est une véritable situation de guerre que connaît l’est de l’Ukraine, et principalement les deux régions ayant fait sécession, Lougansk et Donetsk.

Les affrontements sont de plus en plus violents et l’armée ukrainienne utilise maintenant de manière systématique des moyens d’artillerie et des moyens aériens. Plusieurs villes ont ainsi subi des bombardements.

La situation militaire

Des bombes incendiaires au phosphore ont été utilisées pour bombarder le village de Semenovka qui contrôle l’accès à la ville de Slaviansk ce week-end. Ce village tenu par les séparatistes avait déjà connu des tirs d’artillerie, notamment de lance-roquettes Grad.

La ville de Slaviansk a également été bombardée, et l’hôpital a été touché. Un médecin a été tué et plusieurs personnes ont été blessées. La population est toujours privée d’eau potable.

La ville de Marioupol a été reprise aux insurgés par le bataillon Azov composé de membres de secteurs droits et de combattants néo-nazis étrangers. Le bataillon a notamment utilisé des blindés. Les miliciens restent cependant actifs dans la région et ils ont bombardé un convoi des gardes frontières.

Un attentat visant Denis Pouchiline le gouverneur de la république populaire, a eu lieu à Donetsk le 12 juin, tuant ses deux gardes du corps. Il avait déjà échappé à un attentat le 07 juin

L’aviation ukrainienne a bombardé la direction de l’intérieur à Gorlovka dans la région de Donetsk, où se trouve l’état-major des forces d’auto-défense. Les insurgés affirment avoir touché l’un des aéronefs.

Les plus violents combats ont lieu dans la région de Lougansk et visent à reprendre le contrôle de la frontière aux insurgés. L’armée ukrainienne utilise des moyens aériens, notamment des hélicoptères d’attaque près du village de Schastye. L’attaque aurait fait plus de 100 morts, dont de nombreux civils selon le gouverneur de la république populaire de Lougansk. Toujours selon lui, l’armée ukrainienne aurait ouvert le feu sur les habitants après la prise de la localité. Le but de la junte ukrainienne serait d’isoler les séparatistes de la frontière. Selon les séparatistes, l’armée ukrainienne prépare des raids massifs contre Lougansk.

A Lougansk toujours, 2000 hommes de la garde nationale ukrainienne (Praviy Sektor) sont retranchés dans l’enceinte de l’aéroport (cette information a son importance…). Un convoi de 40 chars a été bloqué par les insurgés au nord de la ville.

Concernant  l’avion-cargo militaire ukrainien  Il-76 abattu par un missile au dessus de l’aéroport avec 49 personnes à bord dont 40 paras, il semble que l’origine du tir  vienne non pas des insurgés mais du côté de l’armée ukrainienne stationnée dans l’enceinte de l’aéroport… Pourquoi l’armée ukrainienne abattrait ses propres avions, cela reste mystérieux. Certaines sources avances des divergences entre régiments qui auraient déjà dégénérés en affrontements armés…

Au total, selon le ministre de la défense ukrainien Mikhaïl Koval (Svoboda), 250 miliciens auraient été tués lors de l’offensive de ce week-end.

La reprise de la frontière  aux insurgés constitue le but de cette opération. Le ministre de la défense ukrainien a ainsi annoncé vouloir fermer la frontière la semaine prochaine, selon l’objectif donné par le président Porochenko. Le contrôle de la zone frontalière constitue un enjeu stratégique majeur pour la suite du conflit. La république populaire de Donetsk a en effet affirmé qu’elle ouvrirait sa frontière avec la Russie au mois d’août, ce qui signifierait le rattachement « de facto ».

Les insurgés reçoivent également par le biais du territoire russe des renforts au niveau du personnel combattant, comme l’illustre le bataillon Vostok, mais aussi probablement en matériel, notamment en roquettes anti-char 9k111 Fagot qui posent de sérieux problèmes aux blindés de l’armée ukrainienne. Le ministre des affaires étrangères Sergeï Lavrov a  ainsi reconnu que la Russie faisait parvenir de l’aide humanitaire aux populations du Donbass via les milices populaires.

Le maintient d’un point de passage avec la Russie semble d’autant plus important que de nombreux civils affluent actuellement dans la région frontalière de Rostov-sur-le-Don. Plus de 11000 ukrainiens ont ainsi franchi la frontière suite à la dernière offensive de l’armée. 12000 personnes avaient déjà franchi la frontière en 24h au début de l’offensive ukrainienne. Selon le chef du département de l’information de la région de Rostov, ce sont au total près de 110000 personnes qui ont fui les combats et se sont réfugiées en Russie.

Bien que le président Porochenko ait déclaré vouloir ouvrir des « corridors humanitaires » afin de permettre l’évacuation des civils, les milices populaires et les habitants ne font aucune confiance à la garde nationale composée essentiellement de néo-nazis de Praviy Sektor et craignent des exactions comme cela a déjà été le cas à Odessa, Marioupol ou plus récemment à Schastye

La situation sur le front politico-diplomatique

Les journalistes russophones intimidés

Deux journalistes russes  ont été capturés par la garde nationale . Précédemment, deux de leurs confrères avaient déjà été retenus en captivité et interrogés par l’armée ukrainienne avant d’être finalement libérés. Des reporters de Life News avaient déjà subi le même sort. Arrêtés le 18 mai près de Kramatorsk par l’armée ukrainienne, ils avaient été retenus et brutalisés avant d’être relâchés 6 jours plus tard. Il s’agit d’une manière de dissuader les journalistes russes, critiques envers la junte au pouvoir à Kiev, de couvrir les événements et de se rendre sur le terrain. Auparavant, le journaliste britannique Graham Phillips collaborateur à Russia Today avait vu sa tête mise à prix par les milices de Praviy Sektor et avait également été capturé par l’armée près de Marioupol puis relâché après 36h de détention.

Des journalistes ont été pris pour cible lundi par un sniper près de Slaviansk et ont dû se replier à l’aide d’une voiture de la milice populaire qui a également été prise pour cible. Ce n’est pas la première fois qu’une équipe de reporters essuie des tirs, un collaborateur de Russia Today a d’ailleurs été blessé.

 L’ambassade de Russie prise pour cible à Kiev

L’ambassade de Russie à Kiev a d’abord été victime d’un piquetage, environ 80 personnes bloquant les entrées et sorties. La situation a cependant dégénéré et des cocktails Molotov ont été lancés contre le bâtiment, les voitures du personnel diplomatique garées à l’extérieur ont été incendiées, des croix gammées ont été taguées sur la façade. Le ministre ukrainien des affaires étrangères, présent parmi la foule, a proféré des insultes envers Vladimir Poutine, qui ont été reprises par la foule. Cependant, les chancelleries occidentales qui soutiennent le gouvernement de Kiev, ont pour l’instant refusé de condamner cette attaque et ont bloqué un projet de résolution russe devant le conseil de sécurité des Nations Unies condamnant ces événements.

L’UE a finalement réagit dans la journée de lundi par le biais de la porte-parole de Catherin Ashton qui a exhorté « les autorités ukrainiennes à faire le nécessaire pour remplir leurs engagements pris dans le cadre de la convention de Vienne sur l’inviolabilité des ambassades. »

L’ambassadeur russe à Kiev a déclaré que ces attaques avaient été « planifiées ». Il s’agit de toute évidence de la mise en oeuvre d’une stratégie de la tension à l’égard de la Russie, faite de provocations destinées à provoquer une réaction militaire de la part de Moscou. C’est dans cette logique qu’il faut voir l’incursion d’un char ukrainien à l’intérieur du territoire russe où la dénonciation inverse d’une incursion de blindés russes par le pouvoir ukrainien.

Le conflit gazier entre dans sa phase critique

Le système de pré-paiement entre en vigueur aujourd’hui et la Russie a annoncé qu’elle était prête à fermer les vannes. Selon le groupe Gazprom, les chances d’arriver à un accord avec le gouvernement de Kiev sont « très faibles ». Dans le même temps, l’UE a bloqué la construction du Gazoduc South Stream en Bulgarie, qui a pourtant comme objectif de fiabiliser les livraisons de gaz russe en contournant l’Ukraine par la mer noire. Les groupes français Total et Italiens ENI sont partenaires de Gazprom dans ce projet. La commission, en sabordant ce gazoduc, suit les directives américaines et va à l’encontre des intérêts européens. La suspension des travaux a fait suite aux pressions américaines, des entreprises Bulgares ont été menacées de sanctions si elles poursuivaient les travaux, et à la visite en Bulgarie du sénateur John Mc Cain.

Le premier ministre italien Matteo Renzi a fait part de son désaccord à la commission et mobilise pour relancer le projet.

 L’UE continue à soutenir à bout de bras les autorités en place à Kiev et vient de débloquer une aide « non remboursable » de 250 millions d’euros qui constitue la première tranche d’une aide totale de « consolidation de l’état » d’un montant de 355 millions…

L’OTAN a annoncé qu’elle renforcera également son soutien au régime ukrainien de manière à « réformer ses forces armées ». L’organisation a déjà fait parvenir à Kiev du matériel militaire qualifié de « non létal »…

A Kiev, des manifestants occupent toujours la place Maïdan et demandent au président Porochenko la dissolution du parlement pour permettre la tenue d’élections législatives.Une partie importante de la population ne se reconnait pas dans le gouvernement actuellement en place qui compte 6 membres du parti Svoboda.

La population et les députés Allemands commencent à se mobiliser pour exiger la fin du soutien de leur pays au régime néo-nazi ukrainien ainsi que l’indigence de la couverture médiatique. Des manifestations ont lieu tous les jours à Berlin et dans les grandes villes allemandes. Des députés du parti « Die Linke » ont interpellé le gouvernement au Bundestag pour qu’il cesse de soutenir un régime néo-nazi.

Quand allons-nous suivre leur exemple et enfin demander des comptes au gouvernement français ? La situation risque en effet de dégénérer complètement sur le terrain à mesure que les affrontements gagnent en violence. N’attendons pas que se déclenche une épuration ethnique dans l’est de l’Ukraine pour réagir.

source : les moutons enragés

 

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