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Désinformation. Découvrez comment le quotidien Le Monde édulcore aujourd’hui le meurtre à caractère raciste du vigile Saïd Bourarach.

Le 27.03.2014 à 22h19

Saïd Bourarach n’a pas été « assassiné ». Il s’est noyé. Mais les circonstances de sa mort ont fait de lui une icône. Le 30 mars 2010, ce père de famille marocain de 35 ans, musulman non pratiquant et analphabète, avait sauté dans le canal en tentant d’échapper à un groupe de jeunes – de confession juive – qui l’avait pris en chasse.

C’est ainsi que Le Monde présente aujourd’hui l’affaire Bourarach, du nom de Saïd Bourarach, vigile de Bobigny retrouvé mort dans le canal de l’Ourcq à la suite d’une course-poursuite lancée par ses quatres agresseurs.

saidbourarach

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Hier, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a confirmé le renvoi devant les assises des quatre hommes pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, avec usage ou menace d’une arme ». Deux des accusés se sont aussitôt pourvus en cassation.

Le journal suggère tacitement qu’il ne peut s’agir que d’une « noyade » puisque l’hypothèse d’un « assassinat » (en droit pénal, un homicide volontaire avec préméditation) n’a pas été, de toute évidence, retenue par la justice. Sur ce terme connoté d’« assassinat », voici un autre extrait de l’article qui atteste de la désinformation du quotidien.

Sa mort avait réveillé un profond sentiment d’injustice dans certaines couches de la population. Sur des sites d’information communautaire,(oumma.com,islametinfo.fr,panamza.com…), l’origine des agresseurs – et leur sympathie supposée pour la Ligue de défense juive (LDJ) – suffisait à établir la dimension raciste de son « assassinat ».

C’est faux: dans les trois articles auxquels renvoient les hyperliens, il n’est pas fait mention du terme erroné d’« assassinat ». Incompétence ou malhonnêté intellectuelle du journaliste Soren Seelow?  Un autre passage de cet extrait est révélateur de la méthode employée par le rédacteur: « sympathie supposée pour la LDJ ». Quiconque s’est penché sérieusement sur le dossier pourrait être surpris par une telle précaution sémantique: la connexion des agresseurs avec la LDJ n’est pas une « supposition » mais un fait établi. Voici ce qu’en disait -un mois après le drame- Willy Le Devin, journaliste de Libération

Les services du renseignement intérieur sollicités après les faits ont bel et bien retrouvé trace de l’engagement du groupe de Pantin, et de Dan L., à la LDJ en 2008, au moment de l’affaire de la rue Petit où trois jeunes juifs avaient été agressés alors qu’ils se rendaient dans une synagogue du XIXe arrondissement de Paris. De source policière toujours, Dan L. et son frère Michael avaient fait savoir à la LDJ qu’ils étaient disponibles pour faire le coup-de-poing contre les jeunes qui avaient tabassé les membres de leur communauté.

Une autre découverte du journaliste de Libération enfoncait le clou et vient aujourd’hui contredire la présentation presque dépolitisée du Monde à propos des accusés : 

Plusieurs autres pages Facebook mentionnent l’appartenance de Dan L. à des groupes tel que «Le sionisme par passion, le judaïsme avec fierté», ou encore «Israël n’a volé la terre de personne, c’est notre terre».

Quant au caractère raciste de l’affaire, rapidement évacué par le Monde en symbiose avec le Procureur de Bobigny, il constitue pourtant une question toujours ouverte. Le Courrier de l’Atlas rapportait hier que « début 2011, quelques mois après être sorti de détention provisoire, selon une autre source judiciaire, Dan L. a agressé un gardien de square, noir, et aurait selon des témoins, proféré des propos racistes à son encontre. Pour cette affaire, Dan L. a été condamné à une peine de prison avec sursis. »

(…)

suite de l’article sur : panamza.com