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L'un des points de contrôle où s'est produit un attentat à la voiture piégée, le 23 février à Hermel, dans l'est du Liban, près de la frontière syrienne.

Beyrouth se gardait de commenter, mercredi 26 février au matin, les raids menés l’avant-veille par Tsahal dans une zone montagneuse à la frontière libano-syrienne. Selon une source proche du Hezbollah, l’attaque a visé, lundi soir en territoire libanais, un convoi d’armes venant de Syrie et destiné au parti chiite, dans les environs du village de Nabi Chit, situé dans la Bekaa.

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Si l’information était confirmée officiellement, il s’agirait de la première opération menée, depuis le début du conflit syrien, par Israël au Liban contre des transferts d’armes au Hezbollah. A plusieurs reprises au cours de l’année passée, Tsahal, qui a combattu la formation chiite durant la guerre de 2006, a touché des cibles similaires en Syrie et mis en garde contre un renforcement militaire du Hezbollah.

Contribuant à la confusion, les médias du « parti de Dieu », engagés militairement aux côtés de Damas, ont d’abord indiqué qu’il n’y avait pas eu de bombardements, mais seulement des survols intensifs. Avant de reconnaître que les raids avaient eu lieu sur le sol syrien. La frontière est mal délimitée dans la région escarpée qui sépare la Syrie du Liban. Quant au premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, il s’est limité à expliquer, mardi, que son pays faisait « tout ce qui est nécessaire pour défendre la sécurité d’Israël », sans confirmer que Tsahal ait pilonné la frontière libano-syrienne.

La communication du Hezbollah révèle l’embarras causé par l’attaque. Alors que les raids faisaient mardi soir l’ouverture de la plupart des journaux télévisés libanais, qui s’interrogeaient sur leur localisation exacte, elle était absente des titres d’Al-Manar, la chaîne de la formation chiite.

CLIMAT D’ÉBULLITION DANS LA BEKAA

« Le parti n’a pas essuyé de pertes humaines, il n’a donc pas à réagir, défend une source proche du Hezbollah. Et même s’il y avait des victimes , le Hezbollah a d’autres priorités aujourd’hui, alors que ses forces sont engagées en Syrie. » Pour autant, cet interlocuteur veut croire que le discours du Hezbollah ne changera pas. La défense de la souveraineté libanaise face à Israël en constituera toujours la pierre angulaire. « Mais ni le Hezbollah ni son parrain iranien ne vont ouvrir une bataille sur un transport d’armes clandestin », ajoute notre source.

Des habitants de Nabi Chit ont fait état de violentes explosions, lundi soir, dans les collines qui surplombent le village, après avoir été survolés par les avions de chasse israéliens. Si les violations de l’espace aérien libanais par Israël sont quasi quotidiennes, les services de sécurité ont dénoncé des survols particulièrement nombreux de la Bekaa.

Les raids menés lundi soir accentuent le climat d’ébullition qui règne dans la Bekaa. Gangrenée par le banditisme, la région est aussi visée par des attentats et des tirs de roquettes en provenance du territoire syrien. Mercredi 19 février, les alentours de Nabi Chit et de Britel avaient été touchés par des obus, attribués par les villageois aux rebelles syriens. Réservoir de combattants du Hezbollah, cette partie de la Bekaa abriterait aussi des camps d’entraînement de la formation armée.

La tension ne semble pas prête de tomber, alors que se livre en Syrie la bataille du Qalamoun, à la frontière avec le Liban. Epaulée par le Hezbollah, l’armée syrienne a lancé une vaste offensive contre les insurgés pour reprendre le contrôle de ce territoire qui jouxte la Bekaa. Cherchant à justifier une intervention qui a érodé l’image du « parti de Dieu » au Liban, Al-Manar affirmait mardi que « l’expérience » engrangée en Syrie sera mise à profit lors d’une « prochaine confrontation avec l’ennemi israélien ».

http://www.lemonde.fr/international/article/2014/02/26/au-liban-mutisme-du-hezbollah-apres-l-attaque-israelienne-visant-un-convoi-d-armes_4373487_3210.html